dernière mise à jour : 11/04/2011

Rien n’est plus difficile que décrire des gestes, des pas, des couleurs, des sons, leurs relations, leurs continuités. C’est pourtant la tâche de celui qui essaie de comprendre le système esthétique de Pina Bausch. Pas étonnant donc que la plupart des ouvrages sur son uvre débordent d’images et se contentent de fournir des arguments lapidaires. Il y a dans la personne de Pina Bausch ce mélange d’une grande fragilité et d’une grande force. « La force la plus grande est un profond désir », a-t-elle un jour déclaré. La douceur de son regard surprend. La simplicité de ses gestes, le ralenti de ses jeux de mains ouvrent sur une danse qui n’est pas une chorégraphie imposée de l’extérieur. La création de ses pièces est proche de l’enseignement socratique, elle fait naître la danse de l’intérieur des danseurs. Elle leur permet de laisser émerger le mouvement, dont il faut découvrir l’origine en soi-même. Ainsi ses uvres puisent dans des ressources qui, jusque-là, restaient inexplorées ou étaient taries.
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