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LA RÉFÉRENCE À L'ORIGINAIRE DANS LA PRESSE ET LES ÉCRITS MUSICAUX DE LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XXE SIÈCLE

dernière mise à jour : 07/01/2014 - auteur : Grégoire Tosser

En ses formes les plus diverses – le mythe, les racines, la naissance, l’enfance, la terre nourricière, le primitif – la référence à l’originaire (« l’éclat du feu planté jadis », selon le poète Claude Vigée) agrège tout autant des aspirations artistiques fécondes que des conséquences potentiellement ou réellement contestables. Le recours à l’origine accompagne le développement des récits nationaux et atteint son point d’orgue dans les logiques d’appartenance qui assurent le déploiement de l’ombre identitaire au cours de l’entre-deux-guerres. On perdrait néanmoins beaucoup à réduire l’ambivalence fondamentale de la notion à la seule opposition à l’idée de progrès ou à la norme d’ouverture à l’autre. 

Cette journée d’études circonscrit la réflexion autour de la presse musicale du premier XXe siècle et des écrits de compositeurs. Le mot-valise « origine » recoupe des usages polysémiques selon les aires géographiques, les enjeux historiques et artistiques, les parti-pris politiques ou crypto-politiques. Bornes-témoins en France : Debussy enjoint Stravinsky en 1915 de récuser « les blagues internationalistes » pour devenir « un grand artiste russe[1] » ; Jean Cocteau oppose la pureté du « cirque, des orchestres américains de Nègres » à un théâtre « toujours corrompu[2] » ; Hugues Panassié construit la légitimité du jazz sur un racialisme inversé[3] ;  André Jolivet renvoie ses Cinq danses rituelles, composées en 1939, « aux groupements humains […] dits primitifs chez lesquels l’âme humaine a gardé toute sa virginité[4] ». Si la civilisation a conduit à l’engourdissement sensible et à la barbarie, pourquoi ne pas revenir à l’origine pour refonder la civilisation ? Cette nébuleuse « originiste » pose d’autres questions : quels points de comparaison avec le primitivisme du début du siècle ? Se présente-t-elle comme une autre avant-garde ? Se retrouve-t-elle – et à quels titres ? – dans l’œuvre même ?

[1] Claude Debussy, Lettre à Igor Stravinsky, 24 octobre 1915, in François Lesure et Denis Herlin (éd.), Correspondance (1872-1918), Paris, Gallimard, 2005, p. 1952.

[2] Jean Cocteau, Le Coq et l’Arlequin (1918), Paris, Stock, 1979, p. 62.

3  Hugues Panassié, « Le  Jazz Hot », in La Revue Musicale, n ° 105, Juin 1930.

4 Voir la correspondance André Jolivet – André Cœuroy, Département de la Musique à la Bibliothèque nationale, cote  N.L.a 15.


9  h  45  :  accueil  des  participants  et  mot  d’introduction

 

Présidence : Philippe Gumplowicz (Université d’Évry Val d’Essonne)

 

10 h 00 – 10 h 30 : Fabrice Bouthillon (Université de Bretagne occidentale, Brest)

« Les origines de la quête de l’origine au premier xxe siècle »

 

10 h 30 – 11 h 00 : André Lischke (Université d’Évry Val d’Essonne)

« Rimski-Korsakov : une slavophilie sans ostracisme »

 

11 h 30 – 12 h 00 : Lucie Kayas (CNSMDP)

« André Jolivet : un primitivisme idéal ? »

12 h 00 – 12 h 30 : Marie Gaboriaud (Université Paris – Sorbonne)

«  "Au secours, Beethoven !" La référence à l’âge d’or de l’Europe intellectuelle et musicale comme rempart contre la décadence dans les textes de critique musicale du premier xxe siècle »

12 h 30 : discussion et pause déjeuner

 

Présidence : Timothée Picard

 

14 h – 14 h 30 : Angelica Rigaudière (Université de Reims - Champagne-Ardenne)

« Affirmation identitaire, engagement et innovation : le compositeur américain et son recours aux origines dans The Musical Quarterly de 1915 aux années 1930 »

 14 h 30 – 15 h 00 : Paulo de Castro (Universidade Nova de Lisbonne)

« Musique et pensée de l’origine dans l’espace ibérique à l’aube du xxe siècle »

 15 h 00 – 15 h 30 : Anaïs Fléchet (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines)

« Villa-Lobos et le langage du temps : Le discours sur les origines dans la musique brésilienne dans l’entre-deux-guerres »

 16 h – 16 h 30 : Yannick Simon (Université de Rouen)

« Le "francisme" musical sous l’Occupation »

 16 h 30 – 17 h 00 : Martin Kaltenecker (Université de Paris Diderot) :

« Ur : le traitement du paramètre mélodique dans un certain nombre d’œuvres des années vingt marquées par l’originaire »

 17 h 00 : discussion ; conclusion par Philippe Gumplowicz et Timothée Picard

Date : 07/01/2014 au 31/01/2014

Lieu : Université d'Evry-Val-d'Essonne

Contact : Nicole Lanza

Téléphone : 0169477444

Documents téléchargeables :
Originaire - 16 janvier 2014.pdf

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