Maître de conférences. Histoire moderne

    Maître de conférences en Histoire Moderne

    Membre du laboratoire IDHE.S (Institutions et Dynamiques Historiques de l’Economie et de la Société) – UMR 8533

    Membre du Conseil Scientifique de l’IDHE.S

     

      Thèmes

    • Histoire économique et sociale de l’Europe moderne, en particulier des XVIIe et XVIIIe siècles ;

    • Approches géographiques en histoire : différentiels de développement entre territoires, rôle des transports dans la construction des espaces économiques, relations villes-campagnes et polarisations urbaines ;

    • Histoire des modes de régulation économique à l’époque moderne : réglementation de la production et de la circulation des marchandises par l’Etat, les autorités locales et les corps de métier.

    • Histoire des pratiques marchandes : fonctionnement des firmes, relations d’affaires entre marchands, pratiques de crédit dans la sphère commerciale ;

    • Histoire de la comptabilité ;

    • Histoire financière : circulation des capitaux à l’époque moderne, rôle des institutions publiques dans celle-ci ;

    • Histoire des produits (étoffes, accessoires de parure) et de leurs transformations qualitatives ;

    • Histoire de la consommation.

     

    Recherches en cours :

    1) Les rythmes de l’innovation de produits dans les manufactures textiles au XVIIIe siècle : l’exemple français

    La consommation de biens de « commodité » a connu dans l’Europe du XVIIIe siècle une expansion notable. Liée à la hausse du pouvoir d’achat de certaines catégories sociales et à un mouvement général de commercialisation des économies, cette poussée s’explique sans doute aussi par une sensibilité accrue des consommateurs à la nouveauté et aux effets de mode. 

    Ces dynamiques de la consommation étaient alors particulièrement sensibles en Europe de l’ouest - notamment en France, pôle majeur de diffusion de modes vestimentaires à l’échelle du continent. Porté par les fabricants et les marchands d’étoffes pour contrecarrer la saturation des marchés, le renouvellement qualitatif de l’offre au XVIIIe siècle a été mis en évidence pour plusieurs espaces productifs français comme la Fabrique lyonnaise (étudiée par C. Poni), le Bas-Languedoc (étudié par L. Teisseyre-Sallmann) ou le Saint-Quentinois (étudié par D. Terrier). Une évaluation de l’ampleur et des rythmes de l’innovation de produits au niveau du marché des étoffes dans son ensemble n’a toutefois jamais été tentée.

    Nous nous proposons d’en fournir une première estimation pour la France à partir des données douanières élaborées par le bureau de la Balance du Commerce et les directions locales des « traites », qui relevaient entre les années 1720 et la Révolution les variétés de produits exportées. La diffusion des étoffes françaises de qualité moyenne et supérieure dans l’Europe des Lumières était si importante que l’on peut vraisemblablement à partir de ces sources saisir de manière exhaustive les produits de ces gammes fabriqués dans le Royaume. Ces données nous permettront d’évaluer la part des étoffes éprouvées, c’est-à-dire produites tout au long du XVIIIe siècle, et celle des biens nouveaux dans la production française de qualité moyenne et supérieure.

    Il serait en outre souhaitable de comparer ces dynamiques de l’innovation dans les manufactures françaises avec celles d’autres espaces, mais aussi de préciser la place que prenaient les biens nouveaux ou « à la mode » dans les fonds de boutique des marchands d’étoffes.

    Nous envisageons donc de compléter cette étude par celle des étoffes vendues par les boutiquiers lorrains du XVIIIe siècle, pour lesquels nous disposons d’inventaires de stocks, de comptabilités et de correspondances en abondance. Les mutations séculaires de l’offre en étoffes avaient d’autant plus de chances de se manifester en Lorraine qu’elle était alors plutôt riche et urbanisée, et dotée d’un appareil commercial assez dense. La bonne insertion de la province dans les flux du commerce interrégional, et notamment l’importation massive de produits britanniques et des espaces germaniques depuis les foires de Francfort, nous garantit la présence de marchandises étrangères dans les stocks des boutiquiers – ce qui nous permettra de mettre en perspective l’ampleur des innovations de produits françaises avec celles des manufactures des pays voisins. Les comptabilités et correspondances du marchand-drapier Jean Berthelin de Troyes, pour les années 1750 à 1770, nous permettront de discuter nos observations, du point de vue d’un solide négociant contribuant à animer aussi bien les dynamiques manufactures locales que les circulations interrégionales entre les produits de l’ouest du Royaume et les marchés de consommation des provinces de l’est.

    2) L’évolution des prix dans le commerce de détail au XVIIIe siècle

    Une de nos intuitions, formulées à la suite des travaux de Carole Shammas sur le prix des étoffes en Angleterre et dans l’Amérique coloniale, est que les biens de consommation voient leurs prix stagner voire diminuer tout au long du siècle, favorisant ainsi la hausse de la consommation, notamment dans les milieux modestes : ce faisant, l’accroissement du pouvoir d’achat des catégories populaires ne s’expliquerait pas seulement par l’hypothèse de la « révolution industrieuse » de Jan De Vries, mais aussi par le moindre coût des produits disponibles. En l’absence d’étude d’ensemble sur l’évolution des prix au détail des biens de consommation, il n’est pas possible dans l’immédiat de tester notre hypothèse - qu’un faisceau d’indices collectés dans le cas lorrain nous autorise à juger plausible. Nous nous proposons donc, à partir de séries de comptes de détaillants lorrains, francs-comtois et parisiens conservés dans les fonds des juridictions consulaires de Nancy, Besançon et Paris, d’étudier la question de l’évolution du prix des étoffes au détail. Le choix de ces lieux de prospection s’explique autant par les disponibilités archivistiques que par les comparaisons qu’il rend possible, entre une « capitale de la consommation » comme Paris et des grandes villes de province relativement à l’écart des grands circuits de diffusion des marchandises.

    3) L’évolution des prix de transports au XVIIIe siècle

    L’évolution des prix de vente au détail est intimement liée à celle des coûts que doivent supporter les commerçants. Un type de coûts a été trop peu étudié et gagnerait à être mis en lumière, celui des transports par voie de terre et voie d’eau d’une part. J’entends étudier non les progrès des infrastructures routières ou des canaux, mais les activités des transporteurs : il s’agirait en particulier de réussir à expliquer la longue stagnation, en valeur absolue, du prix des voitures au XVIIIe siècle.

    4) Paris, place commerciale et financière : le rôle de la capitale dans le fonctionnement des espaces économiques français au XVIIIe siècle

    Notre connaissance de l’organisation économique du territoire français au XVIIIe siècle est encore largement imparfaite. Autant l’on connaît bien le rôle interrégional voire international d’un certain nombre de places commerciales comme les ports atlantiques, méditerranéens ou encore Lyon, autant les grands flux de la circulation intérieure sont mal connus. De cette manière, il est encore difficile de décrire l’essor du marché intérieur français au XVIIIe siècle, le niveau et les rythmes de l’intégration des différents espaces économiques régionaux entre eux nous échappant encore. Un moyen de progresser dans notre connaissance du marché interrégional français au XVIIIe siècle serait de préciser le rôle de la place de Paris à l’intérieur des flux interrégionaux. La capitale du Royaume était en effet située entre plusieurs grands espaces productifs (Normandie, Perche, Flandres, Picardie, Champagne, Lyonnais) mais également entre plusieurs grandes villes de consommation (Rouen, Lille, Amiens, Reims, Troyes, Dijon, Lyon, Nancy ou encore Metz). Il se peut donc que les grands commerçants parisiens aient exercé une activité de commerce de transit et de gros à l’échelle de toute la France du Nord, se chargeant de coordonner les flux de marchandises entre espaces de production et de consommation. Il est toutefois possible aussi que la capitale ait été largement contournée au profit de quelques métropoles provinciales en relation directe entre elles. Pour vérifier ces hypothèses, nous nous appuierons sur les inventaires après décès et de faillite des commerçants parisiens, ainsi que sur leurs comptabilités, en vue de présenter les activités des marchands de gros de la capitale.

    Il est ainsi possible qu’il existe une disjonction entre l’importance commerciale de Paris et son rôle financier dans la France du XVIIIe siècle. Depuis sans doute la seconde moitié du XVIIe siècle, Paris était le principal pôle financier du Royaume : les commerçants recouraient largement à des banquiers ou des commerçants parisiens pour effectuer leurs paiements à leurs fournisseurs – par des traites ou par des remises. Il s’agirait pour nous de prendre la mesure de l’ampleur de la place parisienne dans les règlements commerciaux au sein des espaces français. Pour ce faire, nous entendons, à partir de comptabilités de marchands actifs dans plusieurs grandes villes de province aux profils d’activité diversifiés – Rouen, Nantes, Bordeaux, Marseille, Lyon, Besançon, Nancy, Reims, Lille – déterminer la part des règlements commerciaux qui se faisaient sur Paris. Dans le cas des traites sur Paris (sur des banquiers ou des commerçants), nous nous attacherons à étudier par quels canaux se faisait leur compensation. Il nous est en effet apparu dans notre travail de thèse que les marchands effectuaient leurs paiements sur les places extérieures en remises sur des banquiers de Paris. Les paiements de la monarchie pour les garnisons frontalières servaient à compenser ces traites, les marchands et banquiers lorrains faisant les fonds de leurs traites par des rescriptions sur les caissiers centraux. La monarchie et son système fisco-financier étaient donc indispensables à l’insertion de la Lorraine dans les circuits commerciaux français, mais aussi européens. Qu’en était-il toutefois pour d’autres places ? Cette étude chercherait donc à mesurer l’importance de la monarchie dans le fonctionnement et l’intégration des espaces économiques français, et à déterminer l’ampleur de la centralité parisienne à cet égard.

     

     

     

     

    Articles de revue

    « Les commis des « marchands-magasiniers » et le rôle de leurs tournées dans l’organisation régionale du commerce lorrain au XVIIIe siècle », in Entreprises et histoire, 66, 2012/1).

    Chapitres d’ouvrages et actes de colloques

     « Les activités commerciales des « marchands-magasiniers » lorrains (années 1750 et 1760) : espaces et filières d’un commerce de gros et de demi-gros au XVIIIe siècle », in Corine MAITTE, Philippe MINARD et Matthieu DE OLIVEIRA (dir.), La gloire de l’industrie. Faire de l’histoire avec Gérard Gayot, Rennes, Presses Universitaires, 2012).

    « Les délais de paiement dans le commerce de détail, entre instrument de fidélisation de la clientèle et contrainte gestionnaire. Quelques remarques à partir de comptabilités lorraines du XVIIIe siècle » in Pierre GERVAIS, Yannick LEMARCHAND et Dominique MARGAIRAZ (dir.), Merchants and Profit in the Age of Commerce, 1680–1830, Londres, Pickering and Chatto Publishers, 2014).

     « Privilèges douaniers et structure régionale des échanges. Les marchands lorrains et le commerce rhénan dans les années 1750 et 1760 »  in Guillaume GARNER (dir.), Die Ökonomie des Privilegs, Westeuropa 16.-19. Jahrhundert / L’économie du privilège, Europe occidentale XVIe-XIXe siècles, Francfort-sur-le-Main, Klostermann, 2016).

     « La boutique et les différentiels intra-régionaux de l’offre : le cas de la Lorraine à la fin du XVIIIe siècle » in Marco Carlo BELFANTI (éd.), Il Commercio al Minuto. Domanda e offerta tra economia formale e informale, secc. XIII-XVIII. Retail Trade. Supply and Demand in the Formal and Informal Economy from the 13th to the 18th Century, Florence, Firenze University Press, 2015).

    Documents de travail et communications disponibles en ligne

    « Innovations de produits et transformations de l’offre disponible au XVIIIe siècle : le cas du commerce des étoffes en Lorraine », en ligne sur le site de l’Association Française de Science Economique : https://afse2017.sciencesconf.org/143109/document

    2018-2019

    Licence 1 : La France de la première modernité (1483-1661) – Travaux Dirigés (Second semestre)

    Licence 1 : La France de la seconde modernité (1661-1789)- Travaux Dirigés (Premier semestre)

    Licence 3 : L’Europe des Lumières (vers 1680 – vers 1790) – Cours Magistraux et Travaux Dirigés (Premier semestre)

    Licence 3 : Les villes dans la France moderne – Travaux Dirigés (Second semestre)

     

    Julien (Philippe, Alain) VILLAIN

    Né le 18 Avril 1983 à Dole (Jura)

     

    Etudes :

    Juin 2000 : Baccalauréat série Economique et Sociale (option Mathématiques) obtenu avec la mention Très Bien au Lycée Charles-Nodier de Dole (Jura).

    Septembre 2000 – juin 2003 : Elève en classes préparatoires aux concours de l’Ecole Normale Supérieure de la Rue d’Ulm et de l’Ecole Nationale des Chartes au Lycée Carnot de Dijon.

    Septembre 2003 : Licence d’Histoire obtenue avec la mention Assez Bien à l’Université de Bourgogne (Dijon).

    Novembre 2004 : Maîtrise en Histoire Moderne sous la direction de Dominique MARGAIRAZ, professeur à l’Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne, intitulée La politique de dépenses de la monarchie sous le ministère Calonne, 1783/1787.

              Jury : Dominique MARGAIRAZ et Claude MICHAUD (professeur émérite d’histoire moderne à l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne). Mention Très Bien.

    Septembre 2004 – juin 2005 : Séjour d’un an en Pologne, avec inscription à l’Université de Varsovie (UW) comme auditeur libre.

    Juin 2007 : Master 2 en Histoire Moderne sous la direction de Dominique MARGAIRAZ, professeur à l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne, intitulé Aires et structures du commerce nancéien 1670/1790. Pour une étude des places de commerce en économie d’Ancien Régime.

                Jury : Dominique MARGAIRAZ et Wolfgang KAISER (professeur d’histoire moderne à l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne). Mention Très Bien.

    Décembre 2015 : Doctorat d’histoire sous la direction de Dominique MARGAIRAZ, professeur à l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne, intitulé : Appareil commercial et diffusion des biens de consommation au XVIIIe siècle. Aires et structures du commerce des commodités en Lorraine centrale et méridionale, années 1690/1791.

                Jury : Dominique MARGAIRAZ ; Bruno BLONDE (Université d’Anvers) ; Anne CONCHON (Université Paris I) ; Natacha COQUERY (Université Lyon II) ; Pierre GERVAIS (Université Paris III).

                Mention Très Honorable, avec les félicitations du jury à l’unanimité.

    Février 2016 : Qualification par le C.N.U. aux fonctions de Maître de Conférences (22e section).

    Concours :

    Juin 2003 : Réussite aux concours d’entrée de l’Ecole Nationale des Chartes (Série « moderne ». Rang : 1er) et de l’Ecole Normale Supérieure de la Rue d’Ulm (Série A/L. Rang : 32ème).

    Juillet 2006 : Obtention de l’agrégation d’histoire (Rang : 88ème).

    Expériences d’enseignement :

    Octobre 2003 – juin 2004 : Enseignement en français de base à des immigrants illettrés (Saint-Denis).

    Septembre 2008 – août 2011 : Allocataire-moniteur à l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne (UFR d’histoire), chargé d’assurer des Travaux Dirigés de Licence 1.

    Septembre 2011 – août 2012 : Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche (demi-poste) à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne (UFR d’histoire), chargé d’assurer des Travaux Dirigés de Licence 3 (Cours de Dominique MARGAIRAZ sur « Consommation et culture matérielle dans l’Europe moderne ») et des cours magistraux d’initiation à l’histoire économique et sociale de l’Europe moderne (auprès de L1 en double cursus Histoire-économie).

    Septembre 2012 – juin 2013 : Professeur d’histoire-géographie au Lycée Georges-Braque d’Argenteuil (Val d’Oise).

    Septembre 2013 - juin 2018 : Professeur d’histoire-géographie au Lycée Evariste-Galois de Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise).

    Septembre-décembre 2015 : Vacataire chargé de Travaux Dirigés de Licence 2 à l’UFR d’histoire de l’Université Versailles-Saint Quentin en Yvelines (« Les empires de Charles Quint »).

    Septembre-décembre 2016 : Vacataire chargé de Travaux Dirigés de Licence 2 à l’UFR d’histoire de l’Université Versailles-Saint Quentin en Yvelines (« L’Europe des Lumières »).

    Septembre-décembre 2017 : Vacataire chargé de Travaux Dirigés de Licence 2 à l’UFR d’histoire de l’Université Versailles-Saint Quentin en Yvelines (« Les empires de Charles Quint »).

    Janvier-avril 2018 : Vacataire chargé de Travaux Dirigés de Licence 1 à l’UFR d’histoire de l’Université Versailles-Saint Quentin en Yvelines (« L’Europe des Lumières »).

    Langues pratiquées :

    Anglais, allemand et polonais lus, écrits et parlés.

    Italien lu et parlé.

    Russe lu.

    Compétences informatiques :

    Bon maniement des logiciels Excel, Word, Access.

    Notions d’utilisation du logiciel de statistiques R.