Portrait : Guillaume Lamour, conceptualiser, observer et caractériser le vivant et les matériaux biologiques

Guillaume Lamour est ingénieur de recherche au sein du Laboratoire Analyse et Modélisation pour la Biologie et l'Environnement (LAMBE) de l'Université d'Évry.

Il arrive en 2016 à l’Université d’Évry au département de physique, et obtient rapidement une bourse du Genopole pour un contrat post-doctoral de 2 ans. Ce post-doc lui a permis de co-écrire l’étude « Cartographier et modéliser les membranes de nos cellules ».

Un parcours à l'interface des disciplines : physique, chimie et biologie ...

Guillaume confie volontiers qu'il l n'était pas très à l'aise avec les études. Mais sa thèse de doctorat fut une révélation : il créait ses propres manipulations, formulait et testait ses propres hypothèses. La passion était née.

C'est lors de son stage de Master 2 en biophysique cellulaire que le déclic a lieu : l’application de ses connaissances en chimie et physique pour travailler en biologie, sur le vivant.

Il se sent plutôt à l'aise avec les équations et les concepts abstraits ; en même temps il apprécie grandement le fait d’appliquer les équations et concepts à des objets concrets, ce qui satisfait son esprit pratique et bricoleur. De façon générale il prend plaisir à naviguer entre les disciplines.

Guillaume Lamour a fait sa thèse dans un laboratoire de l’Université Paris Descartes où il étudiait la différenciation des neurones sur des surfaces modifiées. Ce qui touche à la fois aux biomatériaux, la différenciation ou régénération des cellules.

J’étudie des objets physicochimiques et biologiques toujours dans une perspective d’application biomédicale. Mais je travaille vraiment en recherche fondamentale : ce qui m'intéresse c'est comment les choses fonctionnent. La science a cela de beau que c’est un domaine où l'objectif et le rationnel prédominent.

Après ses études il part au Canada à l’Université de Colombie britannique pendant 5 ans. Il y étudie les propriétés nano-mécaniques des fibres amyloïdes. Ces dernières sont liées aux maladies neurodégénératives comme les maladies de Parkinson ou Alzheimer, par exemple.

L'homme clé pour l'utilisation du microscope à force atomique

À l’Université d’Évry, Guillaume coordonne les manipulations sur le microscope à force atomique (AFM) ; il s’accorde avec les enseignants-chercheurs de son laboratoire, supervise les étudiants sur la machine et transmet ses connaissances quant à son utilisation. L’AFM du LAMBE à l’Université d’Évry, avec tous les modules qu’il comprend, est assez unique en France, son utilisation est donc complexe et se doit d'être précise. 

 

Il sert à observer et caractériser le vivant et les matériaux biologiques. Il est à la croisée de nombreuses disciplines et avec l’AFM je peux faire de la physique, de la chimie, de la biologie... Je peux étudier des surfaces inorganiques, de l’ADN, des protéines, des cellules vivantes … C’est justement ce que j’aime faire, ne pas me cantonner à un seul domaine.

Manipuler, expérimenter, découvrir, rater, réessayer ...

Guillaume Lamour conceptualise les manipulations puis les réalise. Il livre cette anecdote qui reflète bien son travail.

Les manipulations ce sont toujours des moments un peu sur le fil.

Un jour, je cassais des fibres amyloïdes de peptides grâce à un dispositif ultrasonique pour caractériser leurs propriétés mécaniques. Je me suis alors aperçu que les fractionner de cette manière donnait des cristaux.

 

J’ai vraiment cru à une découverte … Mais j’arrivais trop tard, il y avait déjà eu des publications sur le sujet. Néanmoins le fait d’avoir créé ces cristaux m’a permis de faire des manipulations auxquelles je n’aurais pas pensé si je n’avais pas produit les cristaux. Finalement, j’ai quand même réussi à en tirer un super article !

 

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