Pause estivale : Message du Président aux étudiants et personnels

À l'occasion de la pause estivale de l'Université, le Président adresse un message à la communauté universitaire. 

Mesdames, Messieurs, Chers collègues et étudiants,

 

L'Université ferme aujourd'hui ses portes pour quelques semaines.  

 

Toutes et tous, sans distinction, que l’on fût dans l’établissement ou bien à distance, nous avons dû affronter une situation qui a profondément bouleversé nos vies personnelles et professionnelles ; bouleversé nos relations sociales, impacté nos cercles intimes avec parfois le drame de la perte d’êtres chers, d’êtres proches.

 

Cette crise qui ne connaît pas de frontières, n’est pas une première. Les plaies, épidémies et pandémies font partie de l’histoire de l’homme, tout simplement de l’histoire du vivant ; elles en structurent la diversité et les formes par mise à l’épreuve de sa capacité à résister et à s’adapter.


Et pourtant nos sociétés dites avancées, depuis quelque temps, évoluent avec l’idée que ces temps sont dépassés et avec celle que l’on peut écarter une réalité qui a façonnée les générations qui nous ont portées. La pandémie nous a brutalement replongés dans ce contexte qui a pu surprendre certains, parce que l’homme est prompt à oublier les douleurs, c’est là aussi une constante.

 

Cette crise, en nous frappant, a également révélé bien des inégalités et souvent renforcé celles existantes. Nous en avons pris la mesure et perçu les tensions.

 

Cette crise comporte une dimension supplémentaire et cruciale. Elle survient au moment où jamais les faits, établis de façon formelle par la science, n’ont été aussi précis, détaillés, fiables sur ce que l’homme, collectivement, a infligé et continue d’infliger à la nature, comme la résultante de nos modes de vie, de nos organisations à l’échelle mondiale ; comme résultante des priorités que l’on se fixe trop souvent avec une vue courte, faisant fi de l’immense question de notre dépendance à la nature.

Ces faits sont contestés par ignorance ou défi, oubliant que nous sommes la nature, partie prenante d’un système complexe où tout dépend de tout.

La rapidité de diffusion du virus tient pour une part à cela et fait alors apparaître clairement ce devoir de poser désormais sans tergiverser tout acte structurant en conscience, en mesurant ses conséquences pour les temps à venir.

Cette mission de conscience est au cœur de nos vies de chercheur et d’universitaire, où il faut toujours analyser avant d’agir, théoriser pour comprendre et prédire, puis diffuser vers la société ces savoirs et données aux fins de partage et d’accompagnement à la décision.

 

Au regard de ce tableau, comprenons que la construction à venir passera nécessairement par la recherche et la formation, comme mission essentielle de l’État, et se traduira par notre capacité à porter notre parole, à poser des mots et des écrits compréhensibles comme vecteurs de la pensée et de la raison.

 

Nous sommes et serons ainsi au centre du débat qui arrive, et il faudra nous impliquer pour faire que le monde sorte renforcé d’une difficulté, comme il en tant connu, avec optimisme et espoir.

Soulignons à ce titre les solidarités qui ont émergées de cette période troublée à l’université comme partout dans la société. Saluons notre capacité à faire face, à trouver les ressorts pour continuer de servir pour tous, pour continuer de vivre...

 

L’Université ferme ses portes en tournant cette page.

Je tiens à vous remercier toutes et tous pour votre présence auprès des étudiants, auprès des personnels, remercier les étudiants de nous avoir fait part des difficultés de leur vécu, cela nous a permis d’être plus proche malgré la distance et de poser des actes de prévention.

Je tiens à vous remercier pour avoir agi afin que nous puissions honorer nos obligations courantes et continuer à avancer sur nos projets structurants de recherche, de formation, de vie de campus, nos projets CPER…

Nous avons beaucoup fait, beaucoup produit et réalisé.

 

Maintenant la rentrée est dans quelques semaines.

Nous en avons d’ores et déjà dessiné les contours et le détail, préparé des scenarii pour ne rien laisser au hasard.

Les derniers éléments seront calés pendant la seconde quinzaine du mois d’août afin d’être au plus près du besoin, au plus près du terrain.

C’est là aussi un merci sincère que je vous adresse à toutes et tous, l’exercice n’était pas simple.

 

Il me reste à vous souhaiter de vivre vos vacances avec le plaisir des retrouvailles, le plaisir et la chaleur des rencontres qui nous ont tant manquées et celui des découvertes avec un œil affuté sur les merveilles qui nous entourent et qui sont la source des émotions qui nous relient et qui forment la part sensible de nos plus belles créations.

 

Avec ma très sincère gratitude,

 

Patrick CURMI, Président de l'Université d'Évry

 

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