Au MIT, Mohamed Souab découvre l'art d'oser expérimenter

Publié le :
5
nov. 2026
Et si la clé de l'innovation était d'oser se tromper ?
Pour Mohamed Souab, étudiant en Master Sciences et Technologies à l'Université Évry Paris-Saclay, cette immersion au MIT a été une véritable découverte de la culture de l'expérimentation.
Porteur d'EdgeSense, un projet de maintenance prédictive industrielle, il revient de Boston avec une conviction : pour innover, il faut tester, apprendre et recommencer, sans attendre la perfection.
Quelle rencontre, découverte ou expérience au MIT vous a le plus marqué et pourquoi ?
La communauté, surtout. On connaît le prestige du MIT avant d'arriver, mais sur place il passe vite au second plan. Je ne m'attendais pas à une telle densité de talents. Beaucoup d'étudiants sont passés par des olympiades de maths ou de sciences, et presque tous ont un projet en cours.
Si on veut monter quelque chose, on n'a pas besoin de chercher pendant des semaines des gens motivés : ils sont déjà autour de soi. Et puis il y a ce côté très geek, assumé, que j'ai adoré. Personne ne cache sa passion pour un problème de physique ou pour la machine bizarre qu'il est en train de construire.
Ce qui m'a aussi beaucoup marqué, c'est le cours 2.009 (The Product Engineering Process). On a assisté au cours, puis au lab où les équipes préparaient leurs prototypes, et le lendemain soir on les a vues présenter la revue d'architecture de leur produit. La plupart en étaient déjà à leur énième version. Nous, on a tendance à passer des semaines sur le papier à chercher la bonne solution avant de construire quoi que ce soit. Eux construisent une première version en quelques jours, la cassent, la testent, prennent les retours et recommencent.
À vue d'œil, ils itèrent dix fois quand on itère une fois. Un prototype qui casse ne dérange personne, ça fait partie du travail. On parle souvent du « move fast and break things » américain, et là je l'ai vu en vrai, dans une salle de cours.
Qu'est-ce que cette expérience vous donne envie d'entreprendre, de faire, de mettre en application à votre retour ?
J'ai surtout envie d'oser montrer des choses pas finies. Au MIT Venture Mentoring Service et à MIT Sandbox, on nous a expliqué que les étudiants sont accompagnés très tôt, souvent bien avant que leur projet soit « prêt ».
L'idée, c'est de se confronter au terrain le plus tôt possible pour apprendre plus vite. J'ai aussi remarqué à quel point les disciplines se mélangent. En deux jours, on est passés du génie mécanique de 2.009 au Nano Summit puis au Media Lab, et beaucoup des projets que j'ai vus touchaient à plusieurs domaines à la fois.
Pour mes propres projets, je veux sortir un prototype vite et le mettre devant des utilisateurs sans attendre qu'il soit parfait, quitte à aller chercher de l'aide hors de mon domaine.
Programme Innov'Action : Quel projet innovant portez-vous et quel impact concret pourrait-il avoir sur notre société ?
Je porte EdgeSense, un projet de maintenance prédictive pour les petites et moyennes usines.
Concrètement, c'est un petit boîtier qu'on branche sur les automates déjà en place. En une à deux semaines, il apprend comment les machines fonctionnent normalement. Ensuite, dès que l'une d'elles commence à dériver, il prévient le technicien avant la panne, avec la cause probable et l'action à mener. Sur sept mois de données réelles du métro de Porto, il a repéré les quatre pannes inscrites dans le registre de maintenance.
L'objectif est de réduire les arrêts de production imprévus dans les PME et ETI industrielles. Aujourd'hui, les solutions de maintenance prédictive demandent un budget et des experts data que la plupart de ces usines n'ont pas.
Quelques phrases pour exprimer votre ressenti ?
Je suis rentré fier d’avoir représenté l’Université Évry Paris-Saclay là-bas, et avec beaucoup d’énergie.
Avant le voyage, le MIT me paraissait un peu inaccessible. Sur place, j’ai surtout vu des étudiants curieux qui osent se lancer et qui travaillent beaucoup ensemble. Rien qui soit réservé à Boston, en fait. Je pense qu’on peut avoir cette même attitude à Évry.
Merci à l’Université de nous avoir offert ce voyage.







