En 2026, l’Université Évry Paris-Saclay affirme son rôle d’acteur culturel incontournable du territoire essonnien à travers des temps forts qui rythment l’année : expositions, conférences, festivals et rencontres. Engagée pour la diversité culturelle et le partage des savoirs, elle propose une programmation en résonance avec ses formations et ses axes de recherche, ouverte à toute la communauté et au grand public.

De janvier à mars 2026

Quand la création artistique rencontre les sciences sociales : retour sur la résidence de la compagnie des Tambours battants à l’Université Évry Paris-Saclay

Durant plusieurs moments de l’année, l’université a accueilli en résidence la compagnie des Tambours battants dans le cadre de la préparation de son spectacle Bullshits Jobs librement inspiré des écrits et de la pensée de l’anthropologue et essayiste David Graeber. Cette résidence a constitué un temps privilégié de rencontre entre création artistique, réflexion citoyenne et recherche universitaire.

Au cœur de cette expérience, un dialogue fécond, entre les artistes et les étudiants des formations de sociologie et d’arts du spectacle. À travers des ateliers, des temps d’échange et des séances de travail partagées, les étudiants ont pu découvrir les différentes étapes d’un processus de création contemporaine, mais aussi interroger les enjeux politiques, sociaux et démocratiques soulevés par l’œuvre de David Graeber. Anthropologue de renommée internationale, il a consacré une grande partie de ses travaux aux questions de démocratie, de participation citoyenne et aux formes contemporaines de domination. Son essai The Democracy Project invite à imaginer d’autres manières de faire société, en expérimentant dès aujourd’hui des formes de liberté, de coopération et d’action collective.

Cette réflexion a servi de point de départ au travail artistique de la compagnie, qui mêle théâtre, musique et performance pour faire résonner la pensée de Graeber avec les préoccupations contemporaines des jeunes générations. Les étudiants ont ainsi été amenés à confronter leurs propres analyses sociologiques et artistiques aux propositions de la compagnie, dans une démarche résolument transdisciplinaire.

Au-delà de la découverte d’un spectacle en cours de création, cette résidence a permis de faire de l’université un véritable espace d’expérimentation et de co-production de savoirs. Les échanges ont illustré la richesse des croisements entre recherche et création contemporaine, démontrant combien les arts vivants peuvent constituer un formidable outil pour penser le monde social et ses transformations.

En accueillant des artistes en résidence et en favorisant leur rencontre avec les étudiants, l’université contribue à faire émerger des espaces de réflexion collective où se construisent de nouveaux regards sur le monde.

Projet porté par le pôle Arts & Culture de l’université et en étroite collaboration avec le département de sociologie et des arts du spectacle

Site internet de la compagnie : https://www.tamboursbattants.org/bullshitjobs
 

Frantz Fanon : une pensée en héritage, une réflexion toujours vivante
Du 2 au 18 mars 2026

« Ô mon corps, fais de moi toujours un homme qui interroge ! » Les Damnés de la Terre, Frantz Fanon

Du 2 au 18 mars 2026, l’Université a consacré un temps fort à la pensée et à l’héritage de Frantz Fanon, figure majeure de la lutte anticoloniale dont les travaux continuent d’éclairer les débats contemporains sur les questions de domination, de mémoire, d’égalité et d’émancipation.

Au cœur de cette programmation, présentée à la galerie Cesária Évora, l’exposition de l’agence VU« Frantz Fanon - Sur les traces d’une pensée en lutte » du photographe Bruno Boudjelal, a proposé une approche sensible et engagée de l’œuvre du penseur martiniquais. À travers quatre séries photographiques réalisées en Martinique, en Algérie, en Tunisie et au Ghana, l’artiste explore les lieux marqués par le parcours de Fanon et met en lumière les traces visibles ou invisibles laissées par l’histoire coloniale.

Entre mémoire individuelle et histoire collective, ces photos ont invité les visiteurs à interroger les héritages du passé, la construction des identités et les formes contemporaines de résistance. L’exposition a ainsi offert un espace de réflexion où création artistique et pensée critique se sont rencontrées pour questionner notre présent.

Puis (le 18 mars), un temps de rencontre est venu prolonger cette réflexion. Elle a débuté par la projection du documentaire « Sur les traces de Frantz Fanon » suivie d’un débat réunissant le réalisateur Mehdi Lallaoui et le politologue Olivier Le Cour Grandmaison. Les échanges ont permis de revenir sur l’actualité de la pensée fanonienne et sur les enjeux qu’elle continue de soulever aujourd’hui : colonialisme, violences systémiques, décolonisation des savoirs, transmission des mémoires et lutte contre les discriminations. 

La visite s’est poursuivie à la galerie Cesária Évora avec le vernissage de l’exposition commentée par Bruno Boudjelal. Ce temps « privilégié » avec l’artiste pour mieux comprendre la démarche photographique qui sous-tend ce projet et les résonances contemporaines de l’œuvre de Fanon.

Plus de soixante ans après sa disparition, Frantz Fanon demeure une voix essentielle : une pensée qui continue d’interroger le monde et d’inspirer, celles et ceux, qui œuvrent pour davantage de justice, d’égalité et d’émancipation.

Portée conjointement par le pôle Arts & Culture de l’université et la Ville d’Évry-Courcouronnes, cette initiative s’inscrivait dans le cadre de la Semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme et du Mois de l’Égalité, organisé par la Ville d’Évry-Courcouronnes et labellisée Ville apprenante de l’UNESCO
 

Du 19 mars au 20 avril 2026, hall de la Bibliothèque

À travers les portraits réalisés par le photographe Lionel Antoni, l’exposition « Regards Singuliers : nos différences, une force », met en lumière les parcours d'étudiant.es en situation de handicap, qu'il soit visible ou invisible. Chaque photographie est accompagnée d'un témoignage, offrant un regard sensible sur leur quotidien, leurs défis, leurs réussites et leur manière de vivre pleinement leur parcours universitaire. En donnant la parole aux principaux concernés, cette exposition invite chacun à dépasser les idées reçues et les apparences. Elle rappelle que l'inclusion se construit d'abord par l'écoute, la compréhension et la reconnaissance de la singularité de chaque personne. En partageant leur histoire, avec beaucoup de générosité et de courage, elles et ils contribuent à faire évoluer les regards sur le handicap.

Le vernissage, organisé le 9 avril, a constitué un moment particulièrement fort. À cette occasion, Angélique, l'une des étudiantes, a lu un texte empreint d'émotion dans lequel elle évoquait avec une grande justesse son expérience :

« Apprendre autrement, ressentir plus fort,

    S'adapter sans cesse, encore, encore,

    Entre chaos et éclat de génie,

    Se construit une vie infinie.

    Tous sur le terrain, un autre regard,

    Plus fort que jamais, on y parvient,

    Pas à pas, défi après défi,

    On avance, on s'élève, et on tient. »

La soirée s'est poursuivie avec le concert « C'est Fantastique ! », proposé par la chorale de l'université sous la direction de son chef de chœur, Julien Buis. Entre poésie, mystère et émotions, cette parenthèse musicale est venue prolonger les témoignages en faisant dialoguer les voix, les sensibilités et les parcours.

À travers cette exposition, l'université réaffirme son engagement en faveur d'un campus inclusif, où les différences sont reconnues comme une richesse collective et où, chacun et chacune, peut trouver pleinement sa place.

Projet porté conjointement par les services Handicap et Culture de l'université

« L’art du matte painting » : une plongée dans les coulisses de l’illusion cinématographique à la galerie Cesária Évora 

A l’initiative de la chercheuse Réjane Vallée, l'exposition « L’art du matte painting » visible à la galerie Cesária Évora invitait le public à découvrir cette technique emblématique de l'histoire du cinéma. À travers trois œuvres originales exceptionnelles et plusieurs reproductions issues de l'exposition « Le cinéma en trompe-l'œil », le public a exploré les secrets du matte painting, ce procédé artistique consistant étendre un décor réel par une peinture, pour des raisons de coût ou d'impossibilité d'accès des lieux. Des premiers essais sur verre en 1907 aux outils numériques contemporains, l'illusion produite par le matte painting trompe les spectateurs les plus chevronnés, sans qu'il ne s'en rende jamais compte. Cette technique a marqué durablement le cinéma en donnant naissance à des paysages spectaculaires, des architectures imaginaires ou encore des décors totalement ordinaires en apparence, qui ont nourri l'imaginaire de millions de spectateurs. L'exposition présentait notamment des réalisations conçues pour des films des années 1990, parmi lesquelles un paysage créé pour « Denis la Malice » (1993), une université fictive imaginée pour « Prof et Rebelle » (1996) ou encore la reconstitution du célèbre Chinese Theater d'Hollywood pour « Double Dragon » (1994). Autant d'exemples illustrant le talent des matte painters, artisans de l'ombre dont le travail a largement contribué à la magie du cinéma.

À l'occasion du vernissage-conférence, l’enseignante spécialiste des effets spéciaux cinématographiques, est revenue sur l'histoire de cette pratique, ses enjeux esthétiques et techniques ainsi que son évolution face aux technologies numériques et ses mutations sociologiques, à l'ère du numérique et de l'IA. Cette rencontre a permis au public de mieux comprendre les coulisses de la fabrication des images et la place essentielle de ces artistes dans la création des univers cinématographiques. Tout au long de l'exposition, des temps de médiation ont également été proposés grâce à l'implication d'un étudiant, formé à l'accueil et à l'accompagnement des visiteurs. Cette démarche a favorisé les échanges avec le public et contribué à rendre accessibles les aspects techniques, économiques et artistiques du matte painting.

En proposant cette immersion dans un savoir-faire aussi fascinant que méconnu, l'université a offert aux étudiant.es et à l'ensemble du public un regard inédit sur l'histoire des effets spéciaux et sur les liens étroits entre création artistique, patrimoine cinématographique et innovation visuelle.

Plus d’infos : cultureping@univ-evrypong.fr

 

De mars à juin 2026

15ᵉ édition - Festival « Partout et pour tous » : Théâtre et politique, pour qui voter ?
Du 1er au 13 avril 2026

À l’initiative d’Isabelle Starkier, enseignante-chercheuse en théâtre à l’Université Évry Paris-Saclay, le Festival « Partout et pour tous » a proposé une réflexion sur les liens entre le théâtre et la politique.

 À travers une programmation mêlant lecture-spectacle, performance et théâtre satirique, cette édition a invité le public à interroger les rapports au pouvoir, les formes de résistance, les utopies et les représentations de notre monde contemporain. Pensé comme un espace de dialogue entre création artistique et pensée critique, le Festival a offert aux étudiant.es une expérience culturelle riche, propice à la réflexion et au débat.

Trois propositions artistiques ont rythmé cette édition. Avec « Montaigne, Les Essais », le comédien Hervé Briaux a livré une lecture incarnée des textes du philosophe humaniste, faisant résonner ses réflexions avec les questionnements de notre époque. La performance « Tentative(s) de résistance(s) » de Marie-Do Fréval a exploré, dans une approche sensible et engagée, les possibilités d’inventer de nouvelles façons de vivre ensemble. Enfin, « UBU PRÉSIDENT », adaptation de Mohamed Kacimi d’après Alfred Jarry, a proposé une satire mordante du pouvoir et de ses dérives, mêlant humour, absurdité et critique politique.

À travers ces différentes formes artistiques, le Festival a permis aux étudiant·es, notamment ceux des filières des arts du spectacle, d’aborder les grands enjeux politiques et sociaux contemporains par le biais de l’expérience sensible, de la création et de l’échange.

Cette édition illustre une fois encore l’engagement de l’université à faire de la culture un véritable espace de réflexion collective, d’ouverture et de dialogue autour des grandes questions de notre temps.
 

Marc Bloch (1886 - 1944) à l’honneur : histoire, engagement et transmission

À l’occasion des Nocturnes de l’Histoire, l’université a consacré un temps fort à Marc Bloch, historien majeur du XXᵉ siècle, résistant et cofondateur de l’École des Annales. Une programmation mêlant exposition, conférences et échanges a permis de mettre en lumière l’actualité de sa pensée et la richesse de son héritage scientifique et citoyen.

Présentée à la Bibliothèque universitaire, une exposition conçue par les étudiant.es du Master Histoire retraçait le parcours humain et intellectuel de Marc Bloch. À travers des documents d’archives, des ressources pédagogiques et des contenus scientifiques, les visiteurs ont pu découvrir son apport décisif à la discipline historique, son engagement dans la Résistance ainsi que la modernité de sa réflexion sur le métier d’historien, la mémoire et la transmission des savoirs.

Le vernissage de l’exposition a constitué un moment privilégié d’échanges autour de son héritage intellectuel et politique. Les étudiant.es du Master MEEF (Métiers de l’Enseignement, de l’Éducation et de la Formation) y ont également présenté leurs travaux consacrés au processus de panthéonisation, proposant une réflexion originale à la croisée de l’histoire, de la pédagogie et de la citoyenneté. Une masterclass et un temps d’échange avec le public ont prolongé ces réflexions.

La programmation s’est poursuivie le lendemain (25 juin), en écho à la cérémonie de panthéonisation de Marc Bloch, avec une conférence réunissant Florian Mazel, professeur d’histoire médiévale à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Stéphane Blond, maître de conférences HDR en histoire moderne à l’Université Évry Paris-Saclay. Croisant leurs regards d’historiens, ils ont montré combien la pensée de Marc Bloch demeure une référence essentielle pour comprendre les enjeux contemporains de la recherche historique, de la mémoire collective et de la place des sciences humaines dans notre société.

En associant recherche, formation et médiation culturelle, cette programmation a illustré le rôle de l’université comme lieu de transmission des savoirs, de dialogue entre la communauté scientifique, les étudiant.es et tout public. Elle a également permis de faire découvrir, ou redécouvrir, l’œuvre et l’engagement de Marc Bloch, dont la pensée continue d’éclairer les grands défis intellectuels et citoyens de notre époque.

Informations et contact

culture@univ-evry.fr