La semaine s’est ouverte sur un choc esthétique et politique. Le collectif Dysturb a dévoilé l’exposition « Angela Davis : lutter, voir, transmettre », installée devant l’université et au cœur de ses espaces intérieurs. À l’extérieur, des photographies monumentales projetaient dans l’espace public la force des luttes contemporaines ; à l’intérieur, une grande fresque retraçait le parcours de la militante, complétée par douze panneaux thématiques retraçant ses engagements : luttes anticarcérales, féminisme intersectionnel, internationalisme, pensée critique. Fruit d’un travail mené en amont avec les étudiant·es - ateliers d’analyse d’images, médiation journalistique, réflexion sur la représentation des luttes - ce partenariat a permis de croiser pédagogie, création visuelle et conscience citoyenne.
L’Université Évry Paris-Saclay s’affirme comme un acteur culturel moteur du territoire essonnien, en s’engageant pour la diversité culturelle et le partage des savoirs, au détour de programmes entrant en résonance avec son offre de formation et ses axes de recherche.
Les temps forts de 2025
EXTRA BOTANICA : Quand le théâtre explore le vivant
Du 24 novembre au 15 décembre 2025
EXTRA BOTANICA a offert à la communauté universitaire une expérience théâtrale singulière, à la croisée de la recherche scientifique et de la création artistique. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une résidence menée par le chercheur Victor Thimonier au sein du laboratoire Écologie, Systématique et Évolution (ESE)* et en lien étroit avec la botaniste Sophie Nadot.
La forme courte proposée par la compagnie Les Temps Blancs / Théâtre inachevé plonge le public au cœur d’un laboratoire scientifique. Deux interprètes se glissent sous les feuilles qui envahissent le bureau de la botaniste et entreprennent de remonter la tige de ses recherches jusqu’aux racines du désir botanique. Qu’est-ce qui conduit l’étonnement scientifique vers ces vivants étranges que sont les plantes ? Comment naît, se construit et se transmet un regard scientifique sur le monde végétal ?
À travers cette immersion sensible, EXTRA BOTANICA fait dialoguer théâtre et botanique, poésie et classification, imagination et rigueur scientifique. Des haies du plateau de Saclay aux forêts brésiliennes, le spectacle évoque la nomination, la cartographie et la classification des espèces, tout en révélant la diversité des lignées végétales et les spécificités de certains organismes. Une rencontre inattendue se dessine sur scène : celle d’une biologiste moléculaire et d’un palmier. De ce dialogue poétique émerge un parcours à travers l’évolution, la reproduction des plantes et leurs représentations à travers les siècles.
Dans le prolongement du spectacle, à l’Université Evry Paris-Saclay, deux ateliers de pratique théâtrale ont été proposés aux étudiant·es, animés par l’équipe artistique. Ces temps d’expérimentation ont permis d’explorer concrètement les questions soulevées sur scène : comment faire dialoguer théâtre et recherche scientifique ? Comment incarner une théorie, une découverte ou un questionnement scientifique ? Comment traduire un savoir en gestes, en espaces et en voix ? Autant de pistes qui ont transformé la science en matière vivante, à éprouver et à mettre en jeu collectivement.
Cette démarche illustre pleinement la capacité de l’université à faire dialoguer disciplines, pratiques artistiques et recherches scientifiques, tout en ouvrant de nouveaux espaces de réflexion sur notre relation au vivant.

Spectacle coproduit par la Scène de Recherche de l’École normale de l’Université Paris-Saclay, de la Fondation Daniel et Nina Carasso, de l’UNESCO - Ville apprenante d’Évry-Courcouronnes, EXTRA BOTANICA s’inscrit dans le cadre du Festival Curiositas. Distribution artistique: Ambre Febvre et Maxime Kerzanet - Durée : 40 mn
* Le laboratoire ESE (Écologie, Systématique et Évolution) est une unité de recherche scientifique intégrée à l’IDEEV (Institut Diversité, Écologie et Évolution du Vivant), situé sur le plateau de Saclay, au sein de l’Université Paris-Saclay. Il a pour mission d’étudier le vivant dans toute sa diversité, en s’intéressant notamment aux mécanismes de l’évolution, à la classification et à la systématique des organismes (plantes, animaux, micro-organismes), aux interactions entre les êtres vivants et leur environnement ainsi qu’aux enjeux contemporains liés à la biodiversité, aux changements globaux et à la conservation. Le laboratoire rassemble des chercheur·ses issu·es de différentes disciplines (écologie, biologie évolutive, botanique, zoologie, génétique), favorisant une approche pluridisciplinaire du vivant. Intégré à l’IDEEV, il s’inscrit dans une dynamique de recherche de haut niveau à l’échelle nationale et internationale, tout en développant des liens forts avec la formation universitaire et, comme dans le cadre du projet EXTRA BOTANICA, avec la création artistique et la médiation scientifique.
4e édition des Journées culturelles et scientifiques internationales Angela Davis : une université en mouvement pour penser et faire vivre les luttes
Du 17 au 21 novembre 2025
L’Université Évry Paris-Saclay a consacré une semaine à la pensée et à l’engagement d’Angela Davis, figure majeure des luttes féministes, antiracistes et pour la justice sociale. Fidèle à l’esprit de sa citation emblématique - « Il faut agir comme s’il était possible de transformer radicalement le monde. Et il faut le faire en permanence » - cette 4e édition a fait dialoguer réflexion, création et action collective, rappelant que l’université est un lieu vivant, traversé par les idées, les voix et les combats.
Un lancement visuel fort avec Dysturb
Faire entendre les voix engagées : militantes, associations, chercheur·euses
Tout au long de la semaine, projections, débats et tables rondes ont donné la parole à celles et ceux qui luttent sur les terrains sociaux, associatifs, scientifiques, élu politique et militants. Des femmes engagées - professionnelles, actrices de la solidarité, militantes anti discriminations - ont partagé leurs expériences, leurs victoires et les obstacles qui persistent.
Le colloque « Justice sociale, justice spatiale : approches critiques des formes de pouvoir et d’exclusion », temps fort scientifique de l’édition, a ouvert un espace d’analyse dynamique et transdisciplinaire. Chercheur·euses, et intervenant·es ont replacé l’héritage d’Angela Davis dans les luttes actuelles : justice territoriale, antiracisme contemporain, politiques carcérales, intersectionnalité. Une manière concrète d’ancrer les réflexions théoriques dans les enjeux brûlants de notre société.
Création étudiante : chant, danse et parole politique
Les étudiant·es ont occupé le devant de la scène par leurs créations et prises de parole.
Joutes verbales autour de la question « La parole peut-elle suffire à faire tomber les chaînes ? », performance chant-danse inspirée des luttes portées par Angela Davis, lecture d’un discours historique - celui prononcé à la Women’s March de 2017 - ont rythmé la semaine.
Dans ce texte puissant, Angela Davis appelait à une résistance collective face aux politiques discriminatoires. Entendue et incarnée par les étudiant·es, cette parole a vibré dans le hall de notre bâtiment des sciences, réaffirmant que les combats pour la dignité, la justice et la liberté demeurent profondément actuels.
Une clôture vibrante : chorale étudiante et théâtre engagé
Le dernier jour a offert un moment d’émotion collective. La chorale étudiante a interprété un chant de lutte chargé d’intensité, rappelant la place de la musique dans les mouvements d’émancipation. L’après-midi s’est poursuivi avec la pièce de Faustine Noguès, « Angela Davis, une histoire des États-Unis », portée par la performance sensible et habitée d’Astrid Bayiha. Le spectacle a plongé le public dans les archives, les luttes et la pensée de la militante, offrant une conclusion artistique forte à cette semaine dense.
Un hommage vivant à une pensée toujours en mouvement
À travers cette 4e édition, l’université a affirmé son rôle : un lieu où se construisent les savoirs, les consciences et les engagements. Plus de cinquante ans après ses premiers combats, la pensée d’Angela Davis continue d’inspirer celles et ceux qui aspirent à un monde plus juste, plus égalitaire, plus libre.
En réunissant débat intellectuel, expression artistique, création étudiante et réflexions citoyennes, l’Université Évry Paris-Saclay fait vivre l’idée qui traverse toute l’œuvre de la militante : transformer le monde est possible mais seulement si l’on agit, ensemble, continuellement.
La barre est haute pour la prochaine édition, mais le mouvement est lancé : penser, créer, lutter… et recommencer.
Evènement soutenu par la Ville, l’Agglomération Grand Paris Sud et inscrit dans la démarche de Ville Apprenante sur le territoire, réseau mondial de villes engagées dans les apprentissages tout au long de la vie.

JCSI 2025 – Angela Davis - Table ronde du 19/11/2025 – Comment penser les résistances….

JCSI 2025 – Angela Davis - Lecture par les étudiant.es d’un discours historique prononcé à la Women’s March de 2017
Campus en mouvement : l’art contemporain au quotidien
Depuis la rentrée 2025, l’art contemporain s’invite un peu plus encore dans les espaces de nos campus. Sculptures monumentales, œuvres ludiques ou figures emblématiques viennent ponctuer les lieux de passage, d’étude et de rencontre, affirmant la volonté de l’université d’intégrer la création artistique au cœur du quotidien universitaire et de rendre l’art accessible à toutes et tous.
Une œuvre pop à la BU
À la Bibliothèque Universitaire, une sculpture spectaculaire a récemment fait son apparition. Telephone Conversation, de l’artiste australien Mick Peters, a été inaugurée à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Aux accents pop et résolument contemporains, cette installation monumentale et hybride a immédiatement attiré l’attention. L’inauguration a rassemblé acteurs du territoire, personnels de l’université et nombreux étudiants, curieux de découvrir cette œuvre ludique qui interroge notre rapport à la technologie et aux gestes du quotidien, entre nostalgie et modernité.

Telephone Conversation de Mick Peter, une sculpture pop et impressionnante à l’entrée de la Bibliothèque universitaire - Prêt FDAC
Des œuvres XXL qui invitent à l’expérience
Sur le parvis du bâtiment Maupertuis, deux Rocking Chairs monumentales ont transformé un espace familier du campus en terrain de jeu artistique. Ces œuvres de Lilian Bourgeat, présentées grâce au prêt du Fonds départemental d’art contemporain (FDAC) de Chamarande/Département de l’Essonne, invitent à s’asseoir, tester, expérimenter. Ici, l’art se vit pleinement : on touche, on s’installe, on redécouvre des objets du quotidien réinventé en version XXL. Une manière directe et joyeuse de faire l’expérience de la création contemporaine.

Les Rocking chairs de Lilian BOURGEAT qui ont pris place au bâtiment des sciences (Maupertuis) - Prêt FDAC
Un patrimoine artistique qui s’enrichit durablement
Deux œuvres majeures du sculpteur Michel Charpentier ont également rejoint les campus grâce au don généreux de la famille de l’artiste. Dans le jardin de l’Institut de biologie génétique et de bio-informatique (IBGBI), l’Éléphant s’impose comme une figure puissante et intemporelle, tandis qu’à l’IUT de Brétigny-sur-Orge, la majestueuse Dame de Bercy déploie une présence à la fois gracieuse et profondément humaine. Ces sculptures viennent enrichir durablement le patrimoine artistique de l’université et rappellent que le campus est aussi un lieu de culture, de mémoire et de transmission.

Sculpture réalisée par Michel Charpentier, l’Eléphant à l’IBGBI au château de Brétigny-sur-Orge. Vernissage en présence du président de l’Université Evry Paris-Saclay, Vincent Bouhier et du directeur de l’IUT Pierre Ngae, de Lydia Harambourg historienne critique d’art et de Pascale Charpentier fille du sculpteur.

Sculpture réalisée par Michel Charpentier, La Dame de Bercy au château de Brétigny-sur-Orge. Vernissage en présence du président de l’Université Evry Paris-Saclay, Vincent Bouhier et du directeur de l’IUT Pierre Ngae, de Lydia Harambourg historienne critique d’art et de Pascale Charpentier fille du sculpteur.
Un campus vivant, entre savoirs et création
À travers ces nouvelles installations, l’Université Évry Paris-Saclay affirme son engagement en faveur du dialogue entre savoirs, création artistique et espaces de vie. Elles témoignent du rôle essentiel de son Pôle Arts & Culture afin d’aider à valoriser son patrimoine, du soutien à la création contemporaine et la transformation des campus en lieux ouverts, vivants et inspirants.
Au détour d’un chemin, d’une pause entre deux cours ou d’un passage à la bibliothèque, l’art est là, accessible, surprenant et pleinement intégré à la vie universitaire.
Festival La Science de l’Art 2025

Festival la Science de l’Art édition 2025 - Atelier d’impression cyanotypes dans le cadre de l’exposition Ave Maria à la Galerie Cesária Évora
Une 11ᵉ édition « Plus vrai que Nature » à l’université
Du 5 octobre au 29 novembre 2025
L’université a accueilli la 11ᵉ édition du festival La Science de l’Art, un rendez-vous désormais incontournable porté par le Collectif pour la culture en Essonne. Fidèle à sa vocation, le festival explore les zones de frottement et de dialogue entre pratiques artistiques contemporaines et recherches scientifiques, en proposant des formes sensibles de réflexion sur le monde actuel.
Placée sous le thème « Plus vrai que Nature », cette édition a interrogé les notions de vivant, de perception et de représentation à l’heure des mutations technologiques, environnementales et sociétales. À travers expositions, spectacles et temps de médiation, le festival a invité les publics à questionner ce qui fait expérience, vérité et sensibilité dans un monde de plus en plus façonné par les technologies.
À cette occasion, deux projets emblématiques ont été présentés au sein de l’université, offrant une immersion singulière à la croisée de l’art et de la science.
L’artiste numérique Marie Le Moigne a présenté Ave Maria – Figure de Marie version augmentée, une installation associant photographie, intelligence artificielle et broderie. Cette œuvre interroge les transformations contemporaines de l’image et de l’identité, tout en mettant en tension technologies numériques et pratiques artisanales. En réintroduisant le geste manuel dans des processus de création augmentés, l’artiste questionne la place du corps, du temps et de la mémoire dans la fabrication des images. En parallèle de l’exposition, deux ateliers de pratique autour de la technique du cyanotype ont été proposés aux étudiant·es. Encadrés par l’artiste, ces temps d’expérimentation ont permis aux participant·es de retravailler leurs propres images, articulant création personnelle, réflexion critique et compréhension des procédés de production visuelle.

Festival la Science de l’Art – Edition 2025 - Retour en image sur l’expérience olfactive Nez à Nez dans la Salle des Lumières de la Bibliothèque Universitaire
La Compagnie Le Centre Imaginaire a quant à elle proposé Nez à nez, une création immersive et olfactive mêlant odeurs, sons et sensations. Vécue en partie dans l’obscurité, cette expérience sensorielle a conduit les spectateur·rices à travers une succession de tableaux olfactifs et sonores, convoquant souvenirs, émotions et perceptions intimes. Conçu en collaboration avec une personne non-voyante, une parfumeuse et des chercheurs du CNRS, le spectacle explore des formes de perception souvent marginalisées dans les dispositifs artistiques traditionnels. À la croisée de la poésie et de la science, Nez à nez propose un rituel contemporain qui place l’humain face à son mystère, au cœur des vapeurs et des nuées de son imaginaire.
Par la richesse et la diversité de ces propositions, cette 11ᵉ édition du festival La Science de l’Art a une nouvelle fois affirmé le rôle de l’université comme lieu d’expérimentation, de transmission et de rencontre entre artistes, chercheur·euses, étudiant·es et publics. Un espace privilégié pour penser collectivement les grandes questions contemporaines liées au vivant, aux technologies et aux formes sensibles de connaissance.
Carte blanche à Felicity Wilcox : une rencontre entre création, transmission et recherche

Ciné-concert en présence de l’artiste australienne Felicity Wilcox - Amphithéâtre de l’Université Evry Paris-Saclay
Mardi 7 octobre 2025
Le département Musique et Arts du spectacle de l’Université Évry Paris-Saclay a eu le plaisir d’accueillir la compositrice australienne Felicity Wilcox, figure majeure de la musique de film contemporaine, à l’invitation de la musicologue Chloé Huvet. Cette rencontre s’inscrivait dans une démarche résolument tournée vers la transmission et l’ouverture internationale, visant à faire découvrir aux étudiant·es une artiste passionnée dont le travail explore avec exigence et sensibilité les liens étroits entre musique, image et émotion.
À cette occasion, un ciné-concert exceptionnel a été proposé, mêlant projections audiovisuelles et création sonore en direct. Cette performance immersive a offert au public une plongée privilégiée dans l’univers singulier de la compositrice, où la musique dialogue étroitement avec l’image pour en révéler les tensions, les atmosphères et les résonances sensibles. Plusieurs œuvres emblématiques ont été présentées, dont Isolation, permettant d’appréhender la richesse, la précision et la force expressive de son écriture musicale. En réponse aux incendies qui ont ravagé l’Australie en 2019-2020, Isolation résonne particulièrement avec des enjeux environnementaux actuels.
L’événement s’est prolongé par un bord de scène réunissant étudiant.es, enseignant.es et spectateur.trices autour d’un échange en direct avec l’artiste. Felicity Wilcox y a partagé ses sources d’inspiration, ses méthodes de composition et les enjeux artistiques propres à la musique de film contemporaine. Ce temps de dialogue a constitué un moment privilégié de transmission, offrant aux étudiants un éclairage concret sur les réalités de la création musicale aujourd’hui, à la croisée de la pratique artistique, de la recherche et des industries culturelles, et les défis que rencontrent les femmes dans leur parcours professionnel.
Compositrice australienne primée, Felicity Wilcox est reconnue comme « l’une des compositrices les plus polyvalentes et prolifiques d’Australie » (Limelight, 2023) et comme « une voix importante de la musique classique contemporaine » (Daily Telegraph, 2021). Ses œuvres sont jouées et diffusées en Australie et à l’international. Elle a reçu de nombreuses commandes d’artistes et d’ensembles de premier plan, a été compositrice et directrice musicale adjointe des Jeux Paralympiques de Sydney en 2000, et a composé les musiques de plus de soixante productions cinématographiques sous le nom de Felicity Fox.
Titulaire d’un doctorat en composition du Conservatoire de musique de Sydney, Felicity Wilcox est aujourd’hui maître de conférences en musique et conception sonore à l’Université de technologie de Sydney. Lauréate du prestigieux Discovery Early Career Researcher Award (DECRA) du Conseil australien de la recherche, elle mène actuellement des travaux sur l’opéra contemporain tout en composant elle-même des opéras. Ses recherches portent également sur la musique pour les médias audiovisuels et les questions de genre. Elle a notamment dirigé le premier ouvrage consacré à la musique de film composée par des femmes (Women’s Music for the Screen. Diverse Narratives in Sound, Routledge, 2022) et co-rédigé en 2023 le rapport Women and Minority Genders in Music sur la représentation des genres dans les industries musicales en Australie et en Aotearoa/Nouvelle-Zélande.
Cette carte blanche illustre pleinement l’engagement des enseignant.es à proposer aux étudiant.es des rencontres directes avec des artistes de premier plan, favorisant le croisement des savoirs, des pratiques et des expériences. Elle confirme la place de l’Université Évry Paris-Saclay comme un espace de dialogue vivant entre création artistique, recherche et transmission.
« La timidité des cimes » d’Agnès de Cayeux : un hommage sensible à Vera Molnár

Médiation autour de l’exposition sur Vera Molnar par l’équipe de SIANA lors de la fête de la science.
Du 8 septembre au 10 octobre 2025, la galerie Cesária Évora a accueilli La timidité des cimes, une exposition conçue par l’artiste Agnès de Cayeux. Cette proposition singulière et profondément émouvante rend hommage à Vera Molnár, disparue le 7 décembre 2024 à Paris à l’âge de 99 ans, figure pionnière majeure de l’art génératif et de l’utilisation de l’ordinateur comme outil de création.
À travers cette exposition poétique et réflexive, Agnès de Cayeux a offert à la communauté universitaire bien plus qu’un temps de présentation artistique : une véritable expérience de recherche, de transmission et de mémoire, à la croisée de l’histoire de l’art, des technologies et de l’intime.
Née en 1924 en Hongrie, Vera Molnár s’installe à Paris après des études aux beaux-arts de Budapest et un séjour à Rome. Très tôt, elle explore les relations entre création artistique et technologies modernes. Dès 1968, elle fait de l’ordinateur son principal outil de travail, intégrant programmation et algorithmes au cœur de sa pratique. Elle définissait elle-même sa démarche comme située « entre les trois cons : les conceptuels, les constructivistes et les computers ». Longtemps restée en marge des récits dominants de l’histoire de l’art, elle est aujourd’hui reconnue comme l’une des figures fondatrices de l’art numérique.
C’est ce parcours pionnier qu’Agnès de Cayeux interroge et prolonge depuis plusieurs années. S’intéressant à l’histoire souvent invisibilisée des femmes et des machines, l’artiste mène une enquête artistique et documentaire au long cours, pensée ici comme une exposition-atelier au cœur même de l’université. Son travail l’a conduite de Budapest au cimetière du Père-Lachaise, en passant par les collections du Centre Pompidou et les archives de l’Atelier de Recherche en Technologies et Arts (ARTA).
Le point de départ de cette recherche repose sur un geste à la fois humble et exigeant : la recopie minutieuse des dix premiers journaux intimes de Vera Molnár, afin de s’immerger dans ce que cette dernière appelait sa « poésie informatique ». À partir de cette immersion, Agnès de Cayeux cherche à retrouver l’un des programmes de Vera Molnár, à en restituer la syntaxe, à en comprendre l’aléatoire -choisi ou subi- et à y déceler les traces d’une pensée informatique fondatrice. Pendant plus d’un an, elle collecte souvenirs, archives et impressions ; elle écrit, photographie, filme, programme, tient son propre journal de recherche et compose une série de lettres adressées à Vera Molnár. Ces lettres constituent le cœur sensible et narratif de La timidité des cimes.
L’exposition invite le visiteur à une déambulation libre au sein de cette enquête artistique, entre traces, découvertes et révélations. Le dispositif, conçu comme un journal ouvert, dévoile progressivement la rencontre entre deux artistes, deux femmes, séparées par le temps mais reliées par une même exigence de pensée et de création. Il y est question de filiation, de transmission et d’hommage : celui d’une artiste d’aujourd’hui à une figure fondatrice désormais disparue.
Avec La timidité des cimes, dédiée à l’une des grandes précurseuses de l’art numérique, l’université affirme pleinement son rôle de lieu de dialogue entre les générations, de circulation des savoirs et de croisement entre création artistique et recherche.
Ce projet, à l’initiative du laboratoire numérique SIANA, bénéficie du soutien de la DRAC Île-de-France, du service Nouveaux médias, du pôle Archives du Centre Pompidou ainsi que de Christia Cavadia, fondateur de l’ARTA.







