Dominique Glaymann dresse le portrait d’un grand corps malade

Publié le :
15
mai 2025
Enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs : le sociologue Dominique Glaymann, Professeur émérite de l’Université Évry Paris-Saclay dépeint "un grand corps malade" marqué par "la désillusion".
Dans son ouvrage « Enseignants-chercheurs : Un grand corps malade, le sociologue Dominique Glaymann, diagnostique ce qu’il nomme une vraie "désillusion", liée à un environnement qui impacte fortement la qualité du travail des enseignants-chercheurs dans ses missions premières.
Chercheur au centre Pierre Naville rattaché au Département de sociologie (UFR de Sciences de L’Homme et de la Société), Dominique Glaymann examine depuis longtemps dans ses publications les mutations du travail et particulièrement sous l’angle plus large de ce qu’il nomme « système d’emploi » : des réalités trop souvent masquées ou sous-jacentes comme les rapports salariaux et les liens entre formation et emploi.
S’agissant de l’enseignement supérieur, il revient dans cette publication sur les mutations progressives de l’université vers une trajectoire gestionnaire focalisée sur le quantitatif, qui alourdit la vie du chercheur et le plonge progressivement dans une perte de sens. Basée sur un questionnaire adressé à plus de 600 enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs, doublée d’entretiens avec une centaine d’acteurs du Supérieur, l’enquête aboutit à un constat de dégradation : stress, désengagement, voire focalisation sur la formation au détriment de la recherche…
Dans une note plus optimiste, l’auteur souligne que le système fonctionne malgré tout, grâce notamment à l’engagement initial des enseignants-chercheurs toujours attachés à leur métier. Une incitation donc pour les réformateurs à venir : trouver des solutions collectives afin que les réponses au malaise ne soient pas uniquement individuelles.